Souvenirs S-1

December 15th, 2006

De façon méthodique et ordonnée, j’ai tout balancé à Cara.
Ca m’a surpris de voir que je pouvais rendre intelligible l’imbrioglio qu’avait été la vie du Sabre ces dernières années.

J’ai commencé avec John White Claws et avec son ambition de recréer le Sabre. J’ai enchaîné avec ses objectifs : ceux qui étaient officiels et celui qui était secret. J’ai expliqué à Cara comment John nous avait tous berné en nous faisant croire qu’il souhaitait remonter un escadron dans la pure tradition impériale tandis qu’il n’avait qu’une idée en tête… organiser l’évasion de la femme de son ami : Wynssa Starflare alias Syal Antilles, épouse du Baron Fel ; le précédent leader du Sabre, un homme réputé pour être le meilleur pilote de la galaxie connue.

J’ai aussi évoqué comment nous nous étions retrouvés pris dans une lutte de pouvoir entre John (et ses alliés de l’époque) et Ysanne Isard (la maîtresse de l’Empire d’alors). Cette dernière soupçonnait John de fomenter un sale coup et elle nous a mis suffisamment de batons dans les roues pour en faire une ennemie intime.

Ensuite, je lui ai parlé de notre rencontre avec Wynssa. Puis, après bien des batailles (futiles, avec le recul), je lui ai raconté comment John (prétendument disparu) s’était dévoilé à nous et nous avait avoué son plan originel. J’ai conté dans les moindres détails la façon dont nous nous étions enfuis de Coruscant et comment j’ai échappé de peu à la mort (grâce à la sur-motivation de mes camarades).

J’ai exposé les tenants et les aboutissants de nos exils successifs sur Vengler, Nyyrla et comment nous nous étions retrouvés à protéger les populations locales. J’ai asséné que nous n’étions d’aucun camp et pour le prouver, j’ai égréné nos faits d’armes : contre le Seigneur de guerre Zsinj, contre la Nouvelle République, contre le Moff Destri.

J’ai clamé haut et fort que nous étions des Impériaux dans nos âmes, dans nos tripes et que nous le serions jusque dans nos linceuls ou dans nos carcasses de chasseurs carbonisés.

Et j’ai raconté notre campagne finale : l’assaut contre une force de la NR bien supérieure en nombre pour aller sauver les nôtres suivi de la bataille durant laquelle nous avions du faire face à la trahison de ces maudits Jumeaux… et de leur satané Interdicteur. J’ai expliqué comment je m’étais constitué prisonnier à la NR pour donner du temps à mes hommes : le temps nécessaire pour organiser leur évasion.
Là, j’ai arrêté le récit.
Non pas parce que je ne voulais plus parler mais parce que je n’avais plus rien à dire… Après ma reddition, je n’ai plus jamais entendu parler du Sabre. Mes hommes ont-ils réussi à s’enfuir ? Sont-ils toujours en vie ?
L’angoisse m’a saisi. Cara l’a vu sur mon visage.

Elle a eu l’élégance de laisser passer quelques secondes de silence, de rassembler ses affaires et de me souhaiter une bonne soirée.

Avant que le garde de la NR ne ferme la porte de ma cellule, je lui ai lancé : “A demain ?”.
Elle m’a répondu dans un sourire enjôleur : “Oh oui, plus que jamais.”

Cara

December 6th, 2006

Aujourd hui, Cara (la jeune Jedi qui me sert de psychologue) est venue m’annoncer sa “promotion”.

D’après elle, le travail de “lobbying” (mais qu’est-ce que c’est que ce truc !!) des Jedis a fonctionné…
Elle a été désignée avocate commis d’office pour défendre ma peau.

Je lui ai demandé, avec un peu d’appréhension, pourquoi une telle mobilisation autour de mon cas. Elle a confirmé mes craintes : la Nouvelle République veut ma peau. Je suis accusé de crime de guerre, de crime contre la vie, de détournement de biens revenant de droit à la Nouvelle République et … de l’enlèvement et du meurtre de Wynssa Starflare.

Quand je me suis esclaffé, Cara m’a adressé un regard désapprobateur. Ca m’a fait ravaler mon ironie. C’est amusant de constater que quelqu’un peut encore me rabattre mon caquet.

Cara m’a clairement expliqué que je n’avais que peu de chances d’en sortir et elle a cru bon me servir un discours d’entraîneur sportif en me disant que c’était “quand même possible de défier les pronostics fatalistes” et que si nous formions “une équipe soudée“, nous réussirions “notre pari“.
Pour le coup, c’est moi qui lui ai balancé une expression de glace dont j’ai le secret : je balancais la même à Justus quand je le sermonnais après chacune de ses légendaires gaffes.

Un silence gêné est passé et la jeune femme m’a assuré qu’il n’y avait qu’un seul moyen pour assurer ma survie : lui raconter toute ma vie pour prouver que mes idéaux, mes intentions et mes actions n’avaient rien à voir avec ce qu’on me reprochait.

Là dessus, je lui ai asséné, non sans insolence, qu’elle n’avait qu’à lire dans mes pensées. C’était une Jedi après tout.
Elle m’a assuré (de ses yeux clairs), qu’elle ne pouvait pas lire mes pensées. Tout de go.

Je l’ai cru.

En fait, depuis ces quelques jours, j’ai pu constater que nombres de rumeurs qui courent à propos des Jedis sont des fadaises.

Alors j’ai décidé de tout lui raconter.

Wynssa … Syal

December 2nd, 2006

Je me suis souvent demandé ce que représentait Syal pour moi lorsque j’étais leader du Sabre.
Etait-ce une amie ? Une icône inaccessible ? Un moyen de racheter toutes les vies que j’ai emportées durant ma carrière de pilote ?

Je crois avoir cerné la question désormais.

Que je vous explique : pendant des années et des années, j’ai évolué dans un monde entièrement peuplé d’hommes. Il n’y avait pas de place pour la féminité.
J’espère que Moranda ou Zeina ne pourront jamais lire ça mais même elles ne peuvent guère prétendre décrocher une palme de féminité…

J’aime Moranda. Elle est courageuse, fière et dévouée. Dans une autre vie, nous aurions certainement été compagnon. Mais la guerre a empêché cette union. Et elle a fait de Moranda une femme-pilote avec tout ce que ça comporte de violence, de mort et de comportements guerriers.

Zeina est une personne remarquable et son visage a inspiré (et inspirera) de nombreux prétendants. Mais elle est désormais une jeune femme froide et déterminée à tuer s’il le faut.

Syal n’a jamais renvoyé cette image.
Attention, je ne cherche pas à la rendre supérieure à Moranda ou à Zeina. Je ne sais pas ce qu”aurait pu devenir une Syal confrontée à la guerre. C’est un monde qu’elle ne connaît qu’indirectement. Je me souviens encore de sa réaction d’effroi, lors de notre évasion de Coruscant, lorsque les communicateurs grésillaient et que les lasers éclairaient le vide noir et froid.

Syal est pour moi la douceur, la beauté pure mais aussi le châleur, la générosité… C’est une femme avec une volonté d’acier et une foi en l’avenir qui peut motiver une flotte entière. Bref, les pilotes de Nyyrla avait raison : Syal est une déesse. La Déesse des Sabres.

RedTIE et les pseudos

November 25th, 2006

J’ai rencontré RedTIE peu de temps après mon intégration dans le 181ème. Lui aussi avait été tiré de sa retraite relative par John White Claws.

Je n’ai jamais vraiment trop su ce qui avait attiré RedTIE à nous rejoindre mis à part l’amitié qu’il portait à Cat… Peut-être était-ce son sens de devoir et de la justice.

Je connaissais déjà RedTIE de réputation. Un as qui avait volé aussi bien pour l’Empire que pour la Rebellion pour finalement revenir (à la plus grande joie d’un Empire déjà agonisant) aux côtés de ses premiers frères d’armes. J’ai souvent discuté avec Red de ses revirements politiques. Lorsqu’il m’a finalement tout déballé, je me suis dit que dans sa situation, j’aurais certainement basculé de son côté. Et lorsqu’il m’a exposé les raisons qui l’ont poussé à revenir vers l’Empire… je me suis aussi dit que j’aurais certainement agit de la même façon.

Je crois que nous nous ressemblons plus que nous ne voulons bien l’admettre. Nous sommes des officiers impériaux pur jus. Deux différences notables, toutefois .

RedTIE est marié.
Le nom “RedTIE” est un pseudo de vol… sûrement hérité de son passage chez les Rebelles.

Je n’ai jamais vraiment compris cette coutume de scouts. Quelle utilité de s’affubler d’un nom de guerre ronronnant qui n’est finalement connu que de ses alliés. Cette pratique n’a jamais eu court dans les escadrons impériaux même si sur la fin (par la faute de Justus - sacré Justus) tout le monde m’appelait “Patron” … y compris en vol, entouré d’ennemis.

Les origines du Sabre

November 18th, 2006

Je me rappelle du jour où John White Claws est venu me débusquer pour remonter le 181ème escadron de T/I.
Oui, je m’en rappelle comme si c’était hier. C’était ici, sur Coruscant.

Le 181ème (le glorieux escadron du Baron Fel) avait été totalement exterminé sur Brentaal quelques mois auparavant et John, un de ses rares survivants, était fermement décidé à remonter la pente pour des raisons qui étaient secrètes alors.

A cette époque, j’étais alors officier au sein du 24ème Escadron de T/F, en charge de la protection d’une plate-forme Golan autour de la planète-capitale.

John m’a coincé un soir dans un bar à pilotes et commencé à me faire l’article du 181ème. Un escadron de légende pour tout pilote impérial qui se respecte. Un escadron lambda pour tout ceux qui n’ont pas la mémoire courte. Certes, c’est sous la férule du Baron Fel que le 181ème a connu son heure de gloire mais il existait bien avant. Nous ne savons que peu de choses du 181ème - surnommé le Sabre bien après - avant l’avénement de l’Empire Galactique. Toutes les traces officielles ont été détruites. Mais John avait ses entrées et connaissait pas mal d’histoires sur son compte. Le 181ème avait été un escadron de pilotes créé juste après la Guerres des Clones. C’était un escadron républicain à l’époque… hé oui. Il avait connu des hauts et des bas pour ramasser ce qu’il restait des rebelles de l’époque. Mais sa caractéristique principale avait été la loyauté.

Oh, John a déployé une armada d’arguments pour me convaincre ce soir là mais je pense avec le recul que c’est cet aspect de loyauté qui m’a décidé.

Cette foutue loyauté. Ce foutu honneur qui m’a mis dans ce pétrin gluant.

Premier jour

November 17th, 2006

Etrange gouvernement que cette Nouvelle République… Me voilà menacé de la peine capitale et détenteur d’un datapad pour épancher mes pensées en attendant la date fatidique.

Je ne vais pas les décevoir. Je vais jouer le jeu.

Cela fait maintenant plusieurs semaines standards (il me semble) que je suis prisonnier de ce régime politique descendant direct de la Rebellion contre laquelle l’Empire Galactique avait lutté.

Un jour, il faudra que je raconte ce qui s’est passé sur la passerelle de ce destroyer impérial et ce qui m’a amené à abandonner mes hommes.

Durant une période indéterminée, j’ai été balloté de vaisseau-prison en bâtiment de guerre pour finalement atterrir sur Coruscant. Mes geoliers ne se doutent pas que j’ai une idée de mon lieu de détention mais j’ai tout de suite reconnu l’odeur, la lumière et le vrombissement incessant de l’ancienne capitale impériale dès que j’ai posé le pied sur la plate-forme de débarquement.

Coruscant… Ce simple nom éveille tant de souvenir en moi.

A peine incarcéré dans ma nouvelle cellule, j’ai reçu la visite d’une psychologue. Elle s’est présentée comme étant une Jedi avec la mission de m’aider à faire face à ma situation judiciaire. En gros, je suis ni prisonnier de guerre, ni prisonnier politique. J’ai donc toutes les chances d’être considéré comme un pirate ou pire, un petit seigneur de guerre déchu avec tout ce qui s’en suit : assassinant organisé, crimes de guerre, etc.

Autant vous dire que si j’étais entraîné sur cette pente, je finirais sur la chaise direct.

Remarque, je ne peux que me réjouir… dans un telle situation, l’Empire Galactique de Palpatine m’aurait déjà fait mon sort.