Harpoons
October 19th, 2007L’audience finale a été menée en privé. Tout comme l’énoncé de la sentence.
Pas de journalistes. Pas de public. Juste Cara, moi, la juge et quelques scribouillards.
La juge (une “non-humaine”… enfin je ne sais plus trop comment dire… il paraît que ça n’est plus correct de déterminer une espèce en fonction de la nôtre) a été franche et directe.
Du fait de cette intimité, l’audience a été honnête, chacun parlant librement, sans l’oeil espion des holo-caméras républicaines. Elle m’a exposé son sentiment sur mon cas (je résume : pas glorieux…). Elle a exposé ses derniers griefs et j’y ai répondu avec l’aide de Cara.
Depuis que je suis revenu sur Coruscant, cette audience a été plus proche de la Justice que tout ce que j’ai pu voir auparavant.
Elle a levé l’audience. Quelques heures plus tard, nous avons été ramenés en salle… toujours sans public.
La juge a récapitulé les chefs d’accusation et a commencé l’énoncé de la sentence comme ça :
“Commandant…”
Marrant, je suis jugé comme un civil mais elle m’appelle par mon grade impérial.
“Commandant, durant ce procès, vous vous êtes efforcé de prouver que vous n’étiez coupable d’aucun crime de guerre contre des populations civiles. Vous avez aussi affirmé avec force que vous n’étiez ni à la solde de l’Empire mourant, ni à la tête d’une bande de mercenaires.”
Ouais voilà… un bon résumé en somme.
“Je tiens par avance à revenir sur ce dernier point : cette dénégation était superflue. Nous ne vous avons jamais menacé de condamnation pour avoir fourni des services de protection ou de sécurité à quelque personne que se soit. Bref.”
Allez, on y arrive. Après quelques phrases de blabla, elle a laché la torpille :
“Concernant l’accusation de crimes de guerre : aucune charge n’est retenu.”
Soulagement immense. Partagé par Cara.
“Vos explications fumeuses, pour autant invraisemblables qu’elles apparaissent, se sont avérées corrorborées grâce à de nombreux documents et ainsi que par le biais de témoignages surprenants.
Ces documents sont issus d’une enquête commissionnée par ce tribunal, il y a quelques semaines.”
Cara a semblé surprise… Même elle n’était pas au courant.
“Les enquêteurs ont mené des investigations sur Coruscant mais aussi sur Vengler puis Nyyrla. Ils ont aussi questionné les deux commandants de l’Interdicteur sur lequel vous vous êtes constitué prisonnier. Enfin, ils ont réussi à retrouver la trace de votre … hum… escadron.”
Tension soudaine.
“Mais ce n’est pas l’objet de notre propos.”Ok. Patience, patience…
“Il apparait que vous avez effectivement été dans la ligne de mire d’Ysanne Isard. Puis, vous avez servi le Moff Destri militairement, luttant contre les forces la Nouvelle République lorsque ce dernier a auto-proclamé son secteur dernier refuge impérial… avant de vous bannir et de mourir assassiné. Plus étonnant, les dirigeants de Nyyrla, une planète sur laquelle votre groupe a stationné, ont tous reconnu et loué votre action dans la lutte contre un seigneur de guerre impérial qui tentait de les réduire en esclavage.”
Présenté comme ça, ça en jette. On a vraiment fait du bon boulot les gars.
“Au passage, Commandant… Ce stratagème pour attirer nos forces afin de contrecarrer Zsinj était audacieux”.
Sourire (?) sur son visage. Il faudra que je fasse un effort pour retenir son nom imprononçable.
“Je passe sur le sauvetage de vos équipiers au détriment des forces républicaines : la cour considère que cela entrait dans le cadre d’une action militaire.”
Décidément.
“Je ne reviendrais pas non plus sur votre activité sur le Deviant : cet intedicteur renégat.”
Bon ben quoi alors…
“Néanmoins, même si je vous concède que vous n’avez pas servi l’Empire “officiel”, la cour considère que vous avez utilisé illégalement des armes de guerre qui ne vous appartenez pas.”
J’ai senti Cara se tendre à ma droite.
“Ces T/A et autre T/I auraient dû revenir à la Nouvelle République lors de la prise de Coruscant, il y a quelques mois. Vous auriez du les restituer.”
Estomaqué.
“L’usage d’arme de guerre a des fins personnels est un crime passible des sentences les plus graves. Même si cet usage illégal n’a pas duré très longtemps, il est sévèrement répréhensible.”
Bizarre. La logique de l’argumentation m’amenerait presque à accepter la sentence.
“Toutefois, il serait dommage que la Nouvelle République se prive d’un pilote et d’un commandant ayant cumulé autant d’expérience. Et au même titre que la majorité de mes collaborateurs sont d’anciens serviteurs de l’Empire, voire de l’ancienne République pour les plus anciens, je ne vois aucun obstacle à la sentence suivante : je vous condamne à servir désormais la Nouvelle République.”
Estoma… heu… encore plus que la dernière fois.
“Voici les détails de votre nouvelle affectation…”
Nouveau rictus que j’interprète comme un sourire.
“Votre dossier, nous en avons discuté, mentionne que vous êtes issu d’une famille noble d’Alderaan. Votre peine est donc toute trouvée : vous aurez donc pour mission de bâtir un escadron qui sera chargé d’escorter les membres éminents de l’Alliance Alderaanienne.”
Qu’est-ce que c’est que ce truc ?
“Ne soyez pas surpris Commandant : cette Alliance existe bien. Elle rassemble les quelques milliers de survivants de cette pauvre planète. Ils ont leur Siège au Sénat et oeuvre à perpétuer le souvenir d’Alderaan.”
J’en apprends tous les jours.
“Voici donc votre peine. Dès la sortie de votre cellule, vous serez escorté jusqu’à un bureau de l’Alliance Alderanienne. Là-bas, quelqu’un vous remettra vos consignes précises.”
Je ne sais quoi penser. Plus tard Cara m’indiquera que cette Alliance avait également pour but de fonder une Nouvelle Alderaan.
“Vous aurez tout le loisir d’expliquer à vos compatriotes vos agissements durant ces huit dernières années. Je pense que c’est là la partie la plus dure de votre peine. Bon courage, Commandant”.
Pas mal. Je comprends mieux pourquoi elle m’a servi du Commandant maintenant.
“Une dernière chose avant de nous séparer : vous avez interdiction de piloter un chasseur sous quelque forme que se soit. Si cela devait arriver, vous seriez passible de peine de mort”.
Quelle saleté cette juge… ne plus piloter, c’est la mort pour les types comme moi… elle le sait bien.